Réunion publique : "pour une école de l'égalité, laïque et gratuite" avec Aurélien Saintoul, rapporteur du livret sur l'éducation de l'Avenir en Commun

Jeudi 6 avril ce sont près de 80 insoumis.e.s, parents d'élèves, professeurs titulaires ou stagiaires de l'éducation nationale, acteur.trices de l'éducation populaire, des représentant.e.s syndicaux qui se sont retrouvés salle des fêtes de La Pallice à 20h30 pour écouter et poser leurs questions à Aurélien Saintoul, rapporteur du livret "L'école de l'égalité et de l'émancipation" complément au programme L'Avenir en commun de la France Insoumise. Cédric Ruffié, notre candidat titulaire a présenté cette soirée. Nous félicitons Yhlem Dekkiche, sa suppléante, qui vient tout juste d'avoir un heureux événement et n'a pu par conséquent participer à cette soirée. 

 

L'éducation, un enjeu en commun

 

On peut dire que cette réunion publique a été une très belle réussite. Outre la vivacité du débat entre Aurélien Saintoul et le public, de nouvelles têtes ont fait leur apparition parmi les insoumis.e.s comme, par exemple, une professeur des écoles stagiaire qui suit le mouvement sur internet et s'est déplacée par intérêt pour ce thème qui touche directement son quotidien, "le changement de système m'intéresse énormément, c'est vers là je pense qu'il faut aller". Un homme participe lui aussi pour la toute première fois à un événement de la France Insoumise, intéressé par les formes de mouvements citoyens, il a notamment suivi celui lancé par Alexandre Jardin "Bleu, Blanc, Zèbre" en 2015, il est venu "voir la dynamique des forces" et écouter ce que nous avions à dire sur un thème de société qui lui est cher.

La France Insoumise c'est avant tout des femmes et des hommes qui pensent l'avenir.

 

En prélude de cette soirée, Cédric Ruffié rappelle le fonctionnement de la France Insoumise pour les habitués ou le présente aux nouveaux arrivants. Les groupes d'appui ne sont pas que des groupes de soutien à une candidature mais de véritables instances de réflexion, gage d'une participation citoyenne active.

 

 

"Le principe alors, c'est que l'on s'est basé tout autour d'un programme, L'Avenir en commun. Certains le connaissent, il y a des thèmes qui reviennent régulièrement par exemple la VIème République avec la Constituante, la transition écologique, par exemple également la Sécurité Sociale intégrale et ici à La Rochelle on a l'économie de la mer qui peut nous toucher tout particulièrement."

 

Assis en arc de cercle, on se regarde et on s'écoute, on partage et surtout on propose. Le maître ne déverse pas la vérité du haut de son estrade mais en fin pédagogue, il transmet à un public actif les propositions contenues dans le livret sur l'éducation rédigé par deux spécialistes, Marianne Nedyj, diplômée en droit social et Paul Vannier, enseignant et penseur des politiques éducatives qui ont eux-mêmes travaillés à partir de contributions de la vie civile.

Le constat lourd d'une école de la pauvreté

 

Le bilan est sans appel : notre école de la République c'est actuellement 1,2 million d'élèves pauvres vivant avec moins de 500 euros par mois, une école qui ferme par jour depuis 2007 et 40, le pourcentage de familles obligées de participer financièrement aux activités périscolaires.

 

L'égalité des chances, que l'on érige en totem de l'école de la République n'est autre que la compétition de tous contre chacun puisqu'il s'agit en réalité de garantir uniquement l'accès pour chaque enfant à l'école, ce qui est en soit déjà le cas. Cependant l'égale condition d'apprentissage n'est pas réelle. "L'égalité des chances c'est l'égalité des droits échoués" rappelle à juste titre Aurélien Saintoul. La France Insoumise, en s'appuyant sur cette critique de l'égalité des chances admise par de nombreux sociologues (François Dubet entre autres) fait le pari de l'éducabilité de chaque enfant.

Comment parvenir à une égalité "réelle" ?

 

Il est nécessaire en premier lieu d'instaurer une gratuité effective de l'école : cantine, transport, sorties scolaires, matériel scolaire, équipements professionnels afin de pouvoir lisser au maximum les inégalités de condition. Une véritable économie s'est construite autour de l'échec avec l'apparition et le développement d'entreprises de soutien scolaire (Acadomia etc.) ou de plateformes dédiées aux cours particuliers, un coût énorme pour les familles. Réintroduire au sein de l'école des temps de soutien scolaire gratuits serait alors une façon judicieuse d'endiguer cette commercialisation de l'échec scolaire, double coût pour l'Etat puisque ces entreprises bénéficient d'avantages fiscaux. La gratuité concerne également les activités périscolaires. En abrogeant la réforme des rythmes scolaires, les collectivités territoriales se trouveraient d'une part soulagées d'une charge financière importante comme les familles parfois obligées de payer des activités périscolaires et d'autre part un recrutement sur concours de personnels dédiés à la culture et aux sports permettrait à tous les enfants de jouir d'une formation complète et riche pour leur développement personnel. Mais il n'y a pas qu'au primaire que l'accès à la culture et au sport coûte cher c'est pourquoi la France Insoumise propose de le poursuivre dans le secondaire avec la création d'un CAPES d'enseignement socio-culturel. Miser sur la gratuité réelle de l'école sous tous ses aspects (et même parfois les moins évident, comme la gratuité des droits de diffusion d'une œuvre culturelle en milieu scolaire) c'est miser sur une égalité de conditions.

Extrait de l'intervention d'Aurélien Saintoul

Egalité des conditions de recrutement des personnels de l'éducation

 

Aujourd'hui, pour devenir professeur, il faut obtenir un Master. Les étudiants qui sont parvenus jusqu'au baccalauréat n'ont pas terminé leur parcours du combattant et d'autant plus s'ils ne disposent pas des ressources financières suffisantes pour se lancer dans l'aventure. Pour assurer une hétérogénéité du milieu enseignant à l'image de la mixité sociale des classes, il est ainsi proposé l'ouverture d'écoles avec un pré-recrutement en deux temps : lors de la terminale puis de la licence. "La capacité à comprendre ce que vivent les élèves vient de là" précise Aurélien Saintoul. Ces jeunes étudiant.e.s seront ainsi rémunérés et pourront ainsi apprendre leur métier grâce à une formation renforcée (sociologie de l'éducation, pédagogie, psychologie de l'enfant et de l'adolescent etc.)

 

De nombreuses mesures permettront ainsi de combler les nombreux postes manquants (bilan du gouvernement Sarkozy : 80 000 suppressions, du gouvernement Hollande : 55 000 créations contre les 60 000 promis, loin de combler le vide...) Toutes ces propositions (exposées dans le Livret #30 "L'Ecole de l'égalité et de l'émancipation", à télécharger à la fin de cet article) permettront ainsi de recruter au minimum 60 000 enseignants au cours du mandat pour abaisser le nombre d'élèves par classe, l'ouverture de 300 classes à horaires aménagés, d'appliquer la règle d'une ATSEM par classe, le recrutement de 8000 CPE, 6000 médecins, infirmiers, psychologues scolaires et assistants sociaux. L'école doit rester un investissement pour l'avenir.

Faire confiance aux professeurs pour construire l'école de demain !

 

Une femme soulève dans l'audience un ressenti partagé par la majorité du corps enseignant : l'infantilisation constante de la part de la hiérarchie et des formateurs des professeurs. A cette inquiétude, Aurélien Saintoul répond, enseignant stagiaire, il connaît bien la problématique, qu'il est plus que nécessaire de refaire confiance aux professeurs. Tout commence par l'indépendance du Conseil des programmes avec l'abrogation du contrôle a priori des politiques sur ce dernier, la séparation du Medef et de l'école avec des patrons d'entreprises qui modèlent aujourd'hui les enseignements aux postes à pourvoir demain, et une liberté pédagogique rendue aux professeurs en favorisant les choix de pratiques renforcés notamment par l'intervention dans les formations de partenaires associatifs par exemple.

Gratuité et liberté pédagogique sont les maîtres mots de l'école de demain. La France Insoumise propose un plan détaillé de rénovation de l'école de la petite enfance au secondaire disponible dans le livret. Tous les points n'ont pu être évoqués au cours de cette soirée mais les nombreuses questions et inquiétudes des citoyen.ne.s ont pu être éclaircies. Chacun est reparti rassuré par un projet portant en son cœur l'humain et non les chiffres avec pour mot d'ordre : la formation complète de l'enfant en tant qu'individu et non uniquement futur travailleur, le travail éducatif comme un espace d'épanouissement et de partage pour les personnels et l'école comme un lieu rassurant pour les parents. A chacun son rôle et son espace : l'enfant s'épanouit, le/la professeur, les personnels de l'éducation transmettent et forgent des esprits, les parents veillent au temps de vie de leurs enfants lorsqu'ils les confient à l'école de la République.

 

Une insoumise.


Réunion publique France Insoumise Cédric Ruffié et Aurélien Saintoul Sud Ouest La Rochelle Rochefort

Dans la presse vendredi, la bonne dynamique de la France Insoumise constatée lors de la réunion publique :

 

"Elle n'est pas nouvelle, mais elle s'intensifie  nettement. Et même ce soir, je vois de nouvelles têtes. Dans mon groupe d'appui à la Rossignolette j'ai un nouvel inscrit par jour", note Cédric Ruffié, comédien et candidat aux législatives dans la circonscription La Rochelle-Ré.

 

(Sud Ouest, La Rochelle/Rochefort, 07/04/2017)

 

 

 

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Livret #30 "L'école de l'égalité et de l'émancipation"
Livret pensé et rédigé par Marianne Nedyj (Diplômée de droit social, elle travaille actuellement dans une collectivité territoriale.) et Paul Vannier (Enseignant et animateur d'un blog consacré aux questions de politiques éducatives, Paul Vannier est aussi le co-auteur du Manifeste pour l'école de la Sixième République publié aux éditions du Croquant (2016).
Livret-JLM-30-EDUCATION_vdef2.pdf
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