Mobilisation des professionnels de l'Audiovisuel sur les problématiques locales

Une soirée de mobilisation s'est tenue vendredi  10 mars 2017, dans les locaux de l’entreprise TSF destinée à mettre en évidence les problématiques de la filières audiovisuelle rochelaise mais aussi à réfléchir sur les solutions possibles.

 

Tout d’abord, partons sur un constat simple :

 

La ville de La Rochelle (et plus largement le département de la Charente-Maritime) bénéficie d’une attractivité naturelle, de par la beauté de ses paysages et l’ancrage historique de son architecture. Ses atours ne manquent pas de séduire les productions audiovisuelles. A cela, nous pouvons ajouter qu’elle semble s’être donnée les moyens de ses ambitions en participant au financement des Studios de l’Océan, destinés à faciliter les tournages en lieu clos. Dernier atout, et certainement le plus important, nombre des techniciens (et comédiens) présents sur le département, sont expérimentés et travaillent de manière très professionnelle.

 

Toutefois, lorsque les sociétés de production se renseignent sur la main d’œuvre qualifiée et le matériel disponible dans le secteur, elles n ‘arrivent pas  à obtenir ces informations simplement. Il existe pourtant un outil qui référence les professionnels de l'Audiovisuel au niveau régional. Il dépend des Bureaux d’Aide aux Tournages et se nomme BASE TAF.

 

Or, cet outil est très centralisé et est présenté par ses défenseurs comme la seule référence acceptable. Il est toujours complexe pour les sociétés de production d’avoir des informations rapidement, de par la structure même de la BASE TAF qui s’organise autour de peu de personnes.

 

Très « prudentes », elles souhaitent travailler avec du personnel de confiance et viennent donc régulièrement avec leurs propres équipes et ne recrutent sur place que pour des postes dit « subsidiaires », et ce, même si le département de Charente-Maritime a mis 500 000€* l’an dernier pour le fond d’aide au tournage destiné à attirer les productions et donc à garantir du travail pour un maximum de professionnels du secteur.

 

Un outil existe toutefois sur le secteur de La Rochelle. Il a pour but de référencer tous les professionnels du secteur dans une seule base de données locale voire départementale. Il s’agit de l’association « Coolisses » et surtout de son site internet. Cet outil pourrait être très performant, mais il est payant, et bien que son prix ne soit pas élevé (35€ par an), cela empêche un certain nombre de personnes d’y adhérer. 

 

La logique se fait ainsi : lorsqu'un professionnel arrive sur la région, il s’inscrit à « Coolisses » pour se faire connaître, mais dès qu’il a un réseau suffisamment important, il n’a plus aucune raison de payer pour avoir du travail. Cela crée donc une base de données incomplète à laquelle les productions rechignent à se référer.

 

Rendre cet outil gratuit et ainsi plus puissant et central dans l’accès aux professionnels de Charente-Maritime, à condition que tout le monde joue le jeu, pourrait être une solution (ce n’est évidemment pas la seule) pour rassurer ces sociétés de production parisiennes en leur montrant qu’il y a un réseau local avec un maillage fort et organisé.

 

Cela permettrait aussi d’ouvrir des possibilités de créer un réseau transversal qui pourrait référencer l’intégralité des prestataires possibles pour l’accueil d’un tournage. Le coût pour rendre cet outil gratuit s’élève à 7 000€ par an. Une délégation a rencontré les autorités politiques locales, dont les plus connues sont Monsieur FOUNTAINE (Maire de La Rochelle) et Monsieur JAULIN (Adjoint délégué à la culture), pour leur expliquer cette problématique et les solutions qui sont ressorties des réflexions collectives. La municipalité a écouté avec attention, était d’accord sur tout, sauf sur le fait de financer cet outil. La délégation va devoir détailler les problématiques et propositions par écrit afin que la municipalité porte la proposition auprès du conseil départemental.

 

En tant que candidat à la députation, sensibilisé au milieu audiovisuel par mon activité de comédien,  je suivrai avec grand intérêt l’évolution de ce dossier local.  Avoir la capacité d’attirer plus de tournages tout en permettant de faire travailler davantage les professionnels locaux, permettra de participer activement à l’économie en développant plusieurs pans de celle-ci (tourisme, restauration, hôtellerie, vie locale…)

 

Il n’est pas ici question d’imaginer que l’outil « Coolisses » soit la seule et unique solution mais elle pourrait être le début d’une coordination générale entre les acteurs de ce secteur, et même si la problématique de l’audiovisuel peut paraître secondaire par rapport à des combats plus prioritaires (accès à l’eau , au logement, à l’énergie, lutte contre la pauvreté, gratuité des transports publics, conditions et rémunérations du travail), elle soulève un dysfonctionnement beaucoup plus global et une problématique centrale dans le fonctionnement actuel de la société :

 

La centralisation systématique des forces économiques et politiques dans le bassin parisien.

 

Dans ce cas précis, les grosses sociétés de production audiovisuelle, donneuses d’ordres.

 

 

 

Cédric Ruffié, votre candidat titulaire France Insoumise, législatives de la 1ère circonscription La Rochelle/Île de Ré

 

 

 

* Le fond d’aide à l’image est un fond destiné à financer divers projets audiovisuels afin de les inciter à venir tourner sur un territoire donné, ici la Charente-Maritime, il dépend du Centre National de la Cinématographie (CNC). Le département est en cours de réflexion pour savoir si cette subvention va être renouvelée pour le prochain exercice, diminuée, ou supprimée.

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